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Un badge piste, une ancienne carte FNA, un grand sourire, et le mot…

Publié le par Florent P.

 

Aéroport de Toulouse Blagnac, dimanche 11 mai 2008, 15 10 :

Ça y’ est l’ embarquement est ouvert, cela fait déjà une bonne demi heure que je suis là, dans l’ aérogare, errant avec mon appareil photo, à la recherche d’ une photo qui pourra être intéressante, le 340 du Cotam de passage, un 319 de Germanwings, des 300 600 ST de l’ autre côté des pistes, une flopée de dérives Quantas, Kingfisher, Lufthansa, MRTT… 3 A380 aux couleurs d’ Airbus… je mitraille sous le regard quelque peut perplexe de nombreux passagers en partance pour Rome, CDG, ou Orly…

Le bel A321 attend en E10, là devant, il n’attend que de pouvoir prendre son envol, vers l’Azur, au dessus des nuages cotonneux, le push back est en place alors que les passages du fond embarquent. J’ai le temps, je suis au quatrième rang, en plus côté couloir. Le 321 à pour immatriculation ZD, ils auraient pu mettre un JD, PS, RB, SL, un avion colibri... Après un certain temps d’attente mon tour vient. L’hôtesse au sol me souhaite un bon vol, j’avance me disant qu’il n’y a aucune chance que j’aille faire ne serait ce qu’un petit tour devant. A l’aller, ce fut simple, un A319 plein et 2 GP en poste, je suis donc resté sur mon siège 7A. Ici, au vu du nombre de pax qui ont embarqué, si l’on n’est pas au max, on n’en est pas loin, et il y a sans doute des GP compagnie. Il va falloir que je me contente de la place qui m’a été attribuée.

Qu’a cela ne tienne, j’arrive à la porte avant gauche, j’ai sorti ma vieille carte FNA, de 2000, mon badge piste, ma carte d’embarquement, et j’ai le grand sourire… je présente ma carte à l’hôtesse et lui demande s’il sera possible lors du vol de faire un petit tour dans le plus beau bureau du monde. Elle demande au steward à côté d’elle de s’occuper de mon cas. Je patiente donc à côté de la porte avant droite, et vois passer nombre de passagers.

Le steward revient tout sourire, et m’annonce que je suis attendu devant, car j’aurais été recommandé… YYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEESSSSSSSSSSSSSSSSS !!!!!!!

Mon sourire, déjà grand se transforme en un millième de seconde  en énorme sourire !!

Le CDB préfère que j’attende la fin de l’embarquement, de façon à éviter de perturber l’entrée des pax. Je commence déjà à être sur un nuage… puis vient le tour d’ entré dans THE bureau,  un autre chanceux, en GP compagnie s’installe juste derrière le CDB, tandis que j’hérite de la plus belle place, pile devant les manettes de gaz… Un tableau de bord d’un 321 ressemble beaucoup à celui du 320 à Orly le 10 mars dernier, mais je reste une nouvelle fois, sans mots devant ce si beau bureau.

Je vois un mot posé devant moi, un mot qui me fait chaud au cœur, me recommandant au près du commandant de bord… je ne sais que dire sur l’instant. Je souris, tandis que je dévore des yeux le tableau de bord, si magique et si compréhensible…

Ordre nous est donné de nous taire, pas un mot pendant le roulage et décollage… mais que dire quand on boit des yeux ces moments si courants des navigants et pourtant si lointains des passagers.

Nous décollerons sur la 14L, le roulage s’effectue sans problème, un ERJ 145 attend que nous ayons pris le bon taxiway pour rejoindre le terminal et nous passons devant le 319 pour CDG.

 Au seuil 14L, avant même que nous soyons arrêtés, nous voici autorisé au décollage tandis qu’un 320 AF arrondit sur la 14R. Nous voici partis, les réacteurs rugissent, se déchainent derrière pour nous emmener au dessus des nuages. Les roues quittent le sol… nous volons… à cet instant, je ne pense pas aux 206 pax assis derrière, quelles sont leurs craintes ou leurs  joies de décoller.

Puis, à 8 nm, nous entamons un virage par la droite, qui nous fera passer au dessus de Francazal, aucun Transall en bas. Et nous voici en vent arrière de LFBO.

 

Une muraille blanche se dresse devant nous, de loin elle n’est guère impressionnante, mais plus on se rapproche, plus l’on devine la présence d’un cumulonimbus… malgré les excellentes performances du ZD, il sera impossible de passer au dessus. A droite, pas bon du tout non plus, nous suivrons donc le même cheminement que les précédents, par la gauche, cap au 330. La muraille majestueuse de coton se laisse dépasser. Puis nous prenons le cap pour rejoindre le prochain point  de passage, AMB.

Du plus beau bureau du monde, à près de 340 kt au niveau 280, nous admirons  la vallée de la Loire, nous passons à l’Ouest de Blois, tandis que nous apercevons Orléans, là bas au Nord Est. Nous distinguons quelques châteaux, il fait si beau, les rares cumulus sont dessous. Nous transperçons l’Azur…

Deux adorables (et ravissantes) hôtesses nous rendent visite, leurs yeux pétillent de bonheur avec cette superbe vue.

Mais il faut déjà descendre, les grappes d’éoliennes filent sous notre bel oiseau, pour nous ce sera une approche sur la 06, cela implique donc un passage non loin de chez moi et de mon bureau. La vitesse chute ainsi que l’altitude, 10 000 ft, 5000 ft, 220kt, 200kt, les volets sont sortis, les aérofreins armés, le train sort, et nous nous retrouvons en longue finale pour la piste que je vois tous les jours, celle où je fais du spotting.

A moins de 2 nm du seuil, l’autorisation d’atterrir nous est accordée, la piste étant dégagée par le précédent. Le commandant de bord pose alors le 321, doucement. Puis nous rejoignons Tango 31, le dernier virage est à 90 °.

Moteurs arrêtés, nous attendons le débarquement des passagers avant de pouvoir sortir. Une jeune demoiselle, Léa, de 5 ans vient rendre visite aux personnes qui conduisent l’avion, elle est toute intimidée… peut être une future PN ?

Je quitte à regret l’équipage, non sans les avoir remercié de m’avoir permis de partager avec eux ce bureau unique et passionnant.

Je tiens à remercier 3 colibris, mais tout d’ abord, merci du fond du cœur à l’équipage de l’AF 61 29 de ce dimanche, merci de m’avoir autorisé à partager avec vous ce vol.

Second remerciement, Jacques , un énorme merci pour m’avoir cockpistonné.

Les deux derniers remerciements vont à deux colibris, Ryad et Michel , merci pour les conseils par sms pour le cockpiston.

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M
C'est sympa que l'on t'ais cockpistonné!!! Tu devais être au anges!!!!
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