The Last Day
Là, ça y' est, c'est fini. Fini de voir les levers de soleil, fini de voir les avions décoller, fini de voir les lapins, les piverts, les moineaux et autres volatiles.
Fini aussi de voir les avions passer devant le bureau, fini d'entendre les explosions des cartouches de la lutte aviaire.
Il y a eu un début, c'était en novembre 2006, le 2 novembre précisément. C'était pour le bac+4 Responsable Transport Multimodal et Activités Associées. J'étais dans un bureau avec vue… sur les poubelles, mais le bruit, de la piste. Quelques fois, le bâtiment d'en face reflétait un 777 au décollage, mais sans plus. En tant qu'apprenti, je n'avais point droit aux bureaux côté piste, enfin c'est ce que l'on m'avait dit.
Puis un cadre B a obtenu un poste dans mon service, mais il lui fallait un bureau. Par une logique propre a mon entreprise, j'héritais d'un bureau, avec 3 fenêtres, donnant sur la piste 06-24, mon bureau. Au total 3 personnes ont changé de bureau pour accueillir un nouveau…
Et depuis ce jour là, je vois, tous les jours des avions, décoller, partir aux 4 coins du monde, avec de quelques dizaines a plusieurs centaines de passagers à leur bord.
Un peu plus d'un an à analyser des colonnes et des milliers de lignes de chiffres, sur le fret avionné. Un peu plus d'un an, à contacter diverses compagnies, chargeurs commissionnaires agents de Handling et organismes de l'aviation mondiale pour obtenir la moindre donnée…
Mais cette fois, c'est fini, je ne verrais plus Orly avec une légère couche de brume sise a quelques pieds au dessus de la piste, je ne verrais plus Orly doré par les rayons du soleil, je ne verrais plus Orly au réveil, bref, je ne verrais plus Orly.
Ça me laisse un peu nostalgique, en effet, j'aime tant cet aéroport, plus agréable que Roissy. Orly est, pour nombre de personnes, un village où tout le monde se connaît, il est normal, en aérogare de croiser plusieurs collègues de bureau, ou d'autres services. A Orly, vous pouvez faire vos achats de noël, aller chez le coiffeur, prendre quelques gâteaux, sandwichs ou collations.
Et puis Orly, c'est aussi les aléas des passagers, un sac oublié ici, une alerte bagage abandonné, un passager perdu, ou une voiture introuvable parmi les parkings.
D' ici quelques jours, des milliers de voyageurs passeront à Orly, comme a CDG, certains n'ont jamais pris l'avion, d'autres le prennent tous les jours, tous vont passer les fêtes sous le soleil des caraïbes ou réunionnais… les parkings seront pris d'assaut, les déposes minutes seront un enfer pour les accompagnants (mais permettront aux petits hommes bleus de faire de la calligraphie, et de la mise en fourrière), les bagages oubliés seront courants.
Ce soir, il faudra que je ferme cette porte, geste dur psychologiquement, je ne suis jamais venu à reculons ici, toujours avec le plaisir, même quand il fallait mettre 3h pour venir.
Demain et après demain, je serais à la Défense, (peut une occasion de rascoll avec Michel, comme d' habitude, avec notre sandwich au Monop' puis l'esplanade pour voir quelques liners passer).
C'est fini pour moi, ce bureau va me manquer un peu, la vue surtout, il est bien rare de profiter d'un lever de soleil au bureau, surtout à Paris, dans un bâtiment. Car oui, il y a plus beau encore… là haut…
Aujourd'hui le 19 décembre 2007, c'est mon dernier jour… pour cette année.
Vivement le 7 janvier 2008, que je retrouve ce bureau, cette vue, cet aéroport!!